L’un de mes amis m’a dit que de vivre une rupture amoureuse était pour lui aussi pénible et douloureuse que la perte d’un parent. Il n’avait pas été confronté à une douleur aussi vive et intense depuis le décès de son père. Malgré le fait qu’il s’était préparé à la séparation, il en souffrait même si la rupture était d’un commun accord. Il lui en voulait et il s’en voulait, il avait besoin d’en parler, il se sentait fragile, se culpabilisait, son estime diminuait.
J’en conviens que toute perte nous fait traverser les étapes du deuil. Parfois, nous les vivons rapidement sans même nous en apercevoir tandis qu’en d’autres occasions, elles transitent longuement dans notre vie. La nouvelle perte fait émerger aussi d’autres blessures latentes ainsi que les émotions s’y rattachant, s’unissent entre elles et intensifient notre douleur.
Nous ressentons la colère, la tristesse, nous marchandons avec nous-même, Ai-je fait le bon choix? Serait-ce cela dont j’ai besoin? Peut-être qu’elle va revenir ? Il vient cette série de question débutant par pourquoi et comment. Voilà que le refus ou la négation de la situation nous submerge. Nous avançons et reculons, vivant de nouveau les mêmes étapes jusqu’à l’acceptation ou adaptation à un nouveau mode d’être. Je viens de résumé les étapes du deuil.
Il est vrai que la séparation de l’être qui nous est cher, de cette personne dont nous avons et sommes parfois toujours amoureux est déstabilisante et ce malgré que la rupture soit une décision mutuelle, qu’elle soit seulement la nôtre, ou qu’elle soit celle l’autre, un l’éventail d’émotions s’y attache. Nous oublions que nous avons créé des rêves et des projets d’avenir avec cette personne, que nous avons vécu de merveilleux moments avec elle
Nous avons convenu avec mon ami qu’il lui serait bénéfique de reconnaître ses émotions ressenties, et que les accepter l’aiderait davantage que les nier ou les enfouir en lui. Qu’il pouvait se permettre de pleurer si tel était son besoin. Nous avons aussi défini une série de moyens adaptés à lui pour l’aider à se libérer et de surtout de ne pas s’isoler.
Parmi ces moyens, nous retrouvons écrire des lettres, des textes, voire des poèmes, prendre le temps de manger, de dormir, faire du sport au moins une demi-heure par jour, aller voir des amis, lire, travailler le bois, s’inscrire à un cours.
L’acceptation de sa situation est libératrice. Nous cessons aussi d’être en lutte contre nos émotions et le fait de bouger et ainsi ne plus nous isoler nous permet d’éviter la dépression, de perdre de l’énergie en s'épuisant, d’ajuster notre sommeil, et de ne pas faire d'excès ou broyer du noir en revivant en pensée notre relation et notre rupture.
Agir ainsi nous permet aussi de canaliser nos forces, de définir nos manques, d’avoir une perception plus réaliste de cette étape et de nous-même et lentement par cette étape, nous préparer à l’après rupture qui est la reprise de notre vie en main.
Pour conclure ce récit, mon ami a opté pour cesser toute rencontre avec la personne qu’il avait aimé, et ajouta avec une certaine sagesse, qu'il aimerait différemment à l'avenir. Il lui a écrit à quelques reprises de brèves missives. Aujourd’hui, avec les années, sans être des amis ni des confidents, ils communiquent occasionnellement. Leur âge, la maturité affective et la démarche de guérison entreprise les ont aidés à recréer une autre forme de relation.
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Madame Christina Sol
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